Dispositif militaire d‘insertion socioprofessionnelle pour les jeunes des Outre-mer éloignés de l‘emploi

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Ils parlent du SMA

RCF : deux témoignages sur le SMA et la lutte contre l'illettrisme

rcf 2017novLors des journées nationales de Lutte contre l'illettrisme, Patrick Lonchamp a réalisé une série de portaits pour présenter le Service Militaire Adapté (SMA) un dispositif d'insertion socioprofessionnelle, dont l'un des combats est celui mené contre l'illettrisme dans les Outre-mer. Il a consacré deux émissions au SMA :


 

smagalerie mqEntre fin septembre et début octobre, les Antilles ont subi la force de l’ouragan « Matthew », devenu rapidement une tempête tropicale en arrivant près des îles du Vent le 28 septembre et un ouragan placé en catégorie 5 en moins de 2 jours dans la mer des Caraïbes. Matthew a notamment fait des centaines de victimes en Haïti. Ressortant sur les Bahamas en catégorie 3, il traversa l'archipel en direction de la côte de la Floride tout en reprenant de l'intensité. Il longea donc la Floride, la Géorgie et les Carolines, forçant des évacuations massives et causant des dégâts évalués à plusieurs milliards de dollars.
Dans le cadre de son contrat d’intervention au profit des populations, des volontaires du régiment de la Martinique ont mis leurs compétences pour faire face aux conséquences de l’ouragan. Journal de bord d’un chef de section.

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Mardi 27 septembre 2016
La Martinique passe en alerte cyclonique orange : l’onde tropicale  L.97 qui nous menaçait vient d’être classée en tempête tropicale avec comme nom de baptême  « MATTHEW » (qui deviendra hélas célèbre quelques jours plus tard en Haïti). Dans la nuit, la préfecture décrète le niveau d’alerte rouge eu égard aux fortes rafales de vents et au cumul de précipitations, localement très important.

Mercredi 28 septembre
Le RSMA de la Martinique est en alerte. Le centre opération est activé, les sections préparent leur matériel en vue d’un exercice d’alerte « CYCLONEX » planifié de longue date le lendemain. Mais la réalité va bientôt  dépasser la simple montée en puissance.

Jeudi 29 septembre
DSC 0003Les vents se sont enfin calmés, mais les stigmates de la tempête sont visibles un peu partout : 40 000 foyers sont privés d’électricité, le téléphone est parfois coupé et certains axes routiers fortement encombrés. Fort heureusement aucune perte humaine n’est à déplorée sur l’île.
Chef de section « agent d’entretien du bâtiment (AEB) » appartenant la 2Ième Compagnie de Formation Professionnelle, je procède à l’appel de la section, en réajustant les effectifs, pour former la première section légère d’intervention (SLI) forte de 30 cadres et volontaires.
> 9h30 : fin de la montée en puissance. Toute la section est sur le pied de guerre, casque de chantier sur la tête, musette à dos et caisses d’outillages parées. L’exercice planifié vient de se transformer en alerte réelle. La chaîne de commandement donne le feu vert pour l’engagement de la section afin de répondre à une demande de concours de la ville du LAMENTIN.
L’attente ne durera pas longtemps… Le  commandant d’unité confirme l’engagement imminent.
RD 3 004> 11h15 : la section quitte le régiment en direction d’une zone de desserrement à proximité du PC de crise de la commune du LAMENTIN. Après une prise en compte rapide, la première mission tombe : rendre de nouveau praticable la route départementale n°3 dans le secteur de « VERT PRE » en dégageant les arbres et les gros bambous qui jonchent l’asphalte.
Après un rapide briefing à toute la section, l’élément léger de reconnaissance est engagé en avance de phase. C’est l’effervescence chez les volontaires stagiaires de la compagnie, impatients et particulièrement motivés pour intervenir au profit de la population martiniquaise.
La jonction avec l’élément de reconnaissance est enfin réalisée. Le temps est désormais compté avant la nuit : la section se met au travail. Deux groupes sont immédiatement formés : le sergent-chef MALU prend la tête du groupe « tronçonneur », le sergent LACOMBE,  celle du groupe déblaiement.  

RD 3 009Rapidement déployés sur un front de plus de deux kilomètres, les jeunes, enthousiastes, s’attèlent à la tâche sous les encouragements des riverains et des automobilistes circulant à faible vitesse sur le tronçon fortement encombré. Pour les volontaires, ce n’est que fierté et confiance légitimes.     
Cohésion, professionnalisme et efficacité dans l’effort permettront en un temps record la réouverture de l’axe. Ainsi, à la tombée de la nuit, la route est de nouveau praticable : les marsouins sont fatigués mais toujours aussi motivés, prêts à revenir le lendemain si le besoin s’en fait ressentir et que l’ordre en est donné.

Avec le sentiment du devoir accompli, la section prend le chemin du retour, fière du travail réalisé dans l’urgence.

Plus encore que lors de la formation professionnelle enseignée au quotidien, j’ai pu voir les volontaires dans un contexte opérationnel difficile et contraignant. Je sais désormais que la formation morale, physique et humaine dispensée au régiment n’est pas un vain mot. Fiers et forts, nos volontaires sont armés pour affronter de futures tempêtes tropicales, mais surtout, ils se préparent à gagner le combat de l’emploi et de l’insertion  dans la vie active.

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