Dispositif militaire d‘insertion socioprofessionnelle pour les jeunes des Outre-mer éloignés de l‘emploi

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Le Service militaire adapté a tenu son colloque le 8 février 2018 au Palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental, en présence d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer.

Cet événement a permis aux partenaires politiques, économiques, associatifs, publics et privés de participer aux diverses réflexions du SMA, ainsi que d’assister à un bilan de l’année 2017 et d’acter la réalisation de SMA 6000.

En effet, avec 6010 volontaires accueillis et un taux d’insertion réussie de 77%, dont la moitié dans l’insertion durable, le SMA a atteint les objectifs fixés en 2009. Annick Girardin, ministre des outre-mer, est intervenue lors de cet événement pour partager sa vision du SMA et fixer les orientations en cours et futures, qui seront déclinées dans le projet SMA2025.

Le SMA est un dispositif militaire d’insertion socioprofessionnelle pour les jeunes des Outre-mer de 18 à 25 ans éloignés de l’emploi. En prise directe avec les acteurs locaux, il développe des formations permettant désormais à plus de 6000 jeunes, en situations de décrochage, de reprendre confiance et définir des projets d’avenir tant professionnels que personnels. Leur capacité à se prendre en main en sortie du dispositif est tout l’enjeu du SMA.

Trois tables rondes ont répondu aux questions suivantes : comment le SMA peut-il soutenir le développement d’une coopération renforcée entre les acteurs territoriaux ? Quelle ingénierie de formation adaptée et évolutive peut être proposée pour répondre aux besoins des entreprises et aux attentes des jeunes ? Par ailleurs, le SMA est confronté aux réalités climatiques, sociales, sanitaires, culturelles des Outre-mer et participe de toutes les solidarités avec ses volontaires. Ainsi, comment le SMA répond-t-il aux enjeux de société ?

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Table ronde 1
Au service des dynamiques territoriales

Animateur : M. Olivier Sudrie , directeur associé en charge des études (Cabinet DME)

avec M. Jean-Pierre Philibert, président de la FEDOM, M. Charles Giusti, directeur général adjoint des Outre-mer, et le colonel Philippe Boccon-Liaudet, directeur des Opérations au SMA

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Table ronde 2
Au service des compétences individuelles

Animateur : M. Philippe Bonnot, consultant ingénierie de formation (Forward Consulting)

avec M. Rémi Bordet, directeur (AFPA), M. Christian Mohrain, directeur du cabinet (Min. Education de Polynésie française) et M. José Fonseca, délégué International et Outre-Mer (Compagnons du devoir)

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Table ronde 2
Au service de la communauté nationale

Animateur : Mme Agnès Baer, responsable RH (Fondation SFR)

avec M. Côme de Cosse Brissac, polytechnicien (RSMA de la Réunion 2017), le colonel Sébastien Pélissier, chef de corps du RSMA de Guadeloupe, et le Médecin Chef Arnaud Le Goff (Service de santé des armées)

Ces tables rondes au travers des témoignages et analyses ont montré toutes les attentes et les besoins auxquels répond le SMA. Il offre également des enrichissements personnels à ceux et celles qui y servent même lors d’une expérience courte, comme ce fût souligné avec force conviction et émotion par un polytechnicien et trois jeunes femmes en Service civique.


SMA6000 est achevé, en avant pour un nouveau projet

A l’issue de ces tables rondes, le Général Thierry de Ladoucette, commandant le SMA, a dressé un bilan de l’année 2017, ainsi que celui du programme SM6000. Si l’objectif quantitatif a été atteint tout en obtenant un taux d’insertion de plus de 75%, celui-ci est « le fruit d'un travail considérable réalisé par les volontaires eux-mêmes ! Ils concrétisent aussi l'investissement sans faille des cadres de nos régiments. Cette très bonne performance résulte aussi des excellentes relations entretenues avec un nombre sans cesse croissant de partenaires, qu'ils soient locaux ou nationaux.»

Cependant, le Général de Ladoucette a tenu à apporter un éclairage sur les résultats chiffrés en soulignant quelques fragilités, notamment dans la capacité du modèle actuel à prendre en compte plus finement le profil notamment psycho cognitif des volontaires les plus fragiles. Ainsi, « la solution proposée par le SMA des 6000 places, qui a été profondément modifiée depuis le SMA de 2009, n'a pas pu leur convenir ou répondre à leurs vrais besoins, le plus souvent dissimulés. C’est donc à ces besoins souvent les plus complexes que le SMA doit s'efforcer de mieux répondre, afin d'éviter de laisser ces jeunes sur le bord de la route. Ces réponses peuvent être simples et pragmatiques. Elles devront sans doute passer par un accompagnement plus long et plus diversifié que celui que nous proposons actuellement… Il convient de stabiliser à présent notre dispositif pour renforcer la qualité de notre formation, en l’adaptant aux vrais besoins de chaque jeune volontaire. Ils nous confient en quelque sorte leur avenir. »

En s’appuyant sur cette analyse, le SMA va donc investir davantage dans les compétences individuelles, renforcer la qualité de ses formations pour des effets durables et s'adapter à la société numérique à laquelle il serait rédhibitoire de vouloir échapper. Le SMA demeure au service des dynamiques socio-économiques spécifiques des territoires ultramarins, en cherchant à faire encore mieux. Il devra apporter progressivement une réponse encore plus efficace, adaptée et durable à la fois pour les jeunes, pour les entreprises et pour les politiques publiques des et dans les outre-mer.

 

SMA2025, sept axes cohérents et complémentaires

DSC 0363Après les traditionnelles mises à l’honneur et le témoignage de Dylan, jeune martiniquais qui est le 6000ème volontaire engagé en 2017, Madame Annick Girardin, ministre des outre-mer s’est vu remettre le Livret des conclusions du colloque « A l’école des outre-mer, partageons nos talents », travail collaboratif mené par Apprentis d’Auteuil, Compagnons du devoir, Secours catholique Veritas France et le SMA. Elle s’est ensuite adressée à l’ensemble des participants. 


Elle a tout d’abord remercié le SMA qui l’année dernière « a répondu présent sur tous les fronts. [Elle] salue encore une fois la présence des 3 régiments du SMA (Guadeloupe, Martinique, Guyane) mobilisés dans la gestion post-IRMA et MARIA aux Antilles : vous faites partie de ces héros invisibles, impliqués pour apporter les premiers secours aux populations et reconstruire les territoires. Soyez en fiers ».

 

Son discours a ensuite principalement porté sur son analyse au travers de ce qu’elle a vécu et vu lors de ses visites dans les territoires, et de la vaste consultation qu’elle a initié pour associer l’ensemble des acteurs ultramarins à la construction de l’avenir des territoires, tout en prenant en compte ses convictions et les lignes gouvernementales.

Tout d’abord, pour 2018, 20 postes de cadres seront ajoutés dès cette année sur les 127 prévus sur le quinquennat, car il convient de « donner toutes les conditions pour la bonne conduite des missions du SMA, c’est une priorité du Gouvernement. »

Par ailleurs, conformément à la décision du Premier ministre, 80 volontaires supplémentaires seront accueillis au RSMA de Nouvelle-Calédonie. Une étude est en cours afin de respecter les équilibres locaux et au regard des échéances politiques du territoire.

Enfin, le parcours de cadets citoyens, promesse présidentielle, sera expérimenté à Mayotte dans l’année. Il s’adressera aux jeunes de 17 ans résidants à Mayotte, français ou étrangers en situation d’acquisition de la nationalité.

Outre ces travaux, le SMA devra orienter son modèle 2025 selon sept axes prioritaires, définis par la Ministre :

  • Axe 1 : renforcer l’accompagnement médical, psychologique et social des jeunes du SMA, et ce, de manière individualisée, afin de lever les freins à leur insertion socioprofessionnelle.

  • Axe 2 : inscrire le SMA dans la dynamique de l’alternance, en jouant non seulement le rôle de « SAS » de préparation, mais aussi en favorisant l’intégration directement en deuxième année d’une formation qualifiante ou diplômante des jeunes du SMA ayant acquis le niveau de compétences nécessaire.

  • Axe 3 : inscrire le SMA dans une dynamique de formation qualifiante, notamment par le développement d’un pôle de compétence spécifique, en lien avec les besoins ou potentiels de chaque territoire.

  • Axe 4 : lancer un plan « ERASMUS SMA » visant à développer la mobilité inter-outre-mer des volontaires, dans le cadre de l’acquisition de compétences rares ou spécifiques, existant dans d’autres territoires (cf. Pôle de compétences).

  • Axe 5 : valoriser l’impact social et économique du SMA en mesurant le devenir des jeunes jusqu’à deux ans après leur sortie.

  • Axe 6 : inclure le SMA dans la révolution numérique en cours.

  • Axe 7 : prolonger le réflexe « plate-forme SMA » dans les territoires afin de renforcer la coordination et la collaboration des acteurs de l’orientation, de la formation et de l’emploi.

Crédits photos : Tous droits réservés- Le SMA – Ministère des Outre-mer – Outremer 360.