Dispositif militaire d‘insertion socioprofessionnelle pour les jeunes des Outre-mer éloignés de l‘emploi

 SM rgtsISO

  Témoignages

Sabrina, 26 ans, martiniquaise, stagiaire SMA en section restauration

 « A Pôle Emploi on m’a parlé du SMA. Ici j’ai été aidée et encadrée et formée, sinon ailleurs j’avais pas les moyens d’être formée… La vie militaire ? Je pensais que je n’aurais pas pu tenir, et je suis toujours là ! Il faut savoir cohabiter avec d’autres personnes, c’est une autre vision de la vie quotidienne. Ça a renforcé mon caractère. 

Nous sommes 22, on doit toujours être solidaires, parfois c’est pas facile. On est plus chez maman papa, y a des choses à faire, des choses à pas dire. On s’entraide, c’est ça la cohésion comme dit l’Armée. Quand il y en a un qui sait pas, on se moque pas, on lui explique. »

 



Adjudant-chef Hammouche, en charge de 12 stagiaires, 17 ans de service au SMA


« Au SMA, on a affaire à des jeunes à qui on n’a pas donné de repères dans la vie de tous les jours.

On est donc aussi là pour les éduquer. Sur le coup, certains disent « c’est trop militaire », mais quelques mois après on en voit revenir frapper au portail pour nous dire que finalement c’était bien utile. Au début quand on arrive de la « vraie Armée », il faut faire preuve d’une grande pédagogie et de patience aussi : ici, il faut répéter, répéter… mais à la fin, ça porte ses fruits ! »

 

 


 

Ahamed, 22 ans, réunionnais, ancien stagiaire du SMA en filière électricité 


« J’ai fait mon stage SMA dans une entreprise et après ils m’ont gardé en alternance. L’Armée ça m’a aidé ? Oui, beaucoup même.
Ça m’a appris beaucoup de choses : d’abord la cohésion, et aussi le respect des autres, des chefs. C’est dur au début, mais après c’est pareil en entreprise : c’est les mêmes règles. Au boulot, mon chef d’équipe dit que franchement depuis le 1er jour où je suis arrivé j’ai beaucoup changé.

Le SMA ça m’a aussi appris à pas baisser les bras dans les moments difficiles. Avant je me décourageais assez vite. Mais tout se passe dans la tête : quand on veut quelque chose on y arrive. »

 



Dimitri, 22 ans, réunionnais, stagiaire SMA en filière électricité d’équipement


« J’avais commencé un CAP mais je l’ai pas fini car c’était trop cher pour ma mère. Après j’ai travaillé au noir, et puis j’en ai eu assez. Ici les gradés de la caserne sont très stricts sur le règlement, mais
j’apprécie bien la vie militaire : comme j'ai grandi dans les grandes cités ça me donne une autre vision de la vie. 
Au début ça te fait bizarre de te faire commander, de se faire réveiller de bonne heure, de faire le ménage… Le SMA ça m’a fait prendre conscience qu’il faut se mettre dans la vie active, grandir dans sa tête. Dans ma famille, ils disent que maintenant je suis plus motivé pour chercher un boulot, je vois plus loin dans mes projets de vie future. »