Dispositif militaire d‘insertion socioprofessionnelle pour les jeunes des Outre-mer éloignés de l‘emploi

Dans le cadre des 60 ans du SMA nous allons publier tout au long de l'année des portraits de ceux qui ont fait et font le SMA : les volontaires. Premier témoignage en provenance du RSMA Mayotte :
LE RSMA A ÉTÉ UNE CHANCE POUR MOI

 

Je m’appelle Azihari MALIDE, j’ai aujourd’hui 38 ans. Via l’amicale des anciens du RSMA de Mayotte, on m’a proposé de venir parler de mon expérience au SMA. J’ai tout de suite accepté cette proposition parce que mon témoignage m’a permis de me replonger dans de très beaux souvenirs.

Je suis rentré au RSMA en juillet 2006, juste après l’obtention de mon bac pro « hôtellerie ». À l’époque, je ne savais pas trop ce que je voulais faire dans la vie surtout que les débouchés dans ma spécialité n’étaient pas nombreux. Pourtant, j’avais un rêve caché : être militaire. Pour moi, l’uniforme c’était le prestige de mon pays. N’étant pas certain d’embrasser une carrière militaire et connaissant la réputation du RSMA de Mayotte, j’ai décidé de tenter un recrutement au SMA à Combani. Après un entretien et une étude approfondie de mon dossier, j’ai été pris. J’étais ravi car cela me permettait de porter l’uniforme tout en me donnant une chance de préparer sereinement mon avenir.

Au début, j’avoue que cela a été dur lors de la formation militaire initiale du premier moi. Le réveil tôt, la discipline et les cours ont été pour moi un choc mais surtout le début d’une autre manière de vivre avec l’apprentissage de certaines valeurs et l’acquisition d’une plus grande autonomie. Etant le plus diplômé de la section, j’avais à cœur d’aider mes camarades pour les tirer vers le haut, chose que je ne faisais pas avant. Ce qui m’a fait évoluer c’est l’esprit de cohésion, de groupe, d’entraide insufflé par l’encadrement. Quelle fierté j’ai éprouvé ! Sentiment nouveau pour moi ! Ce dévouement et cette envie d’exemplarité m’ont permis de créer des liens d’amitié forts avec beaucoup de mes camarades de l’époque. Après avoir quitté le RSMA il y a plus de 11 ans, je côtoie encore bon nombre de copains qui n’ont jamais oublié mon action.

Après mes classes, j’ai voulu poursuivre mon service dans ma spécialité « hôtellerie ». En fait, habitant le Sud de l’île, j’avais envie de développer le tourisme en montant un restaurant. Mon projet a convaincu le commandement qui m’a donc affecté au restaurant pédagogique en qualité d’aide cuisinier. Cette orientation a été pour moi une aubaine pour vaincre ma timidité, apprendre à travailler en équipe et à me remettre en question. Avec une clientèle militaire et civile exigeante, chaque jour était différent et représentait pour moi un nouveau défi pour répondre à toutes les demandes souvent exotiques. J’ai appris l’humilité car parfois les critiques étaient nombreuses. Pour me motiver, je me disais que j’étais là en apprentissage pour me perfectionner et que j’avais encore beaucoup à faire pour diriger une cuisine.

Après plusieurs mois d’effort au sein du restaurant pédagogique, je suis devenu volontaire technicien. Puis un jour mon adjudant est venu m’annoncer que j’allais diriger une équipe de 3 aides cuisiniers. Il m’a expliqué que j’avais du potentiel et que les restaurants et hôtels à Mayotte recherchaient des jeunes avec mon profil. Ma motivation a été décuplée à partir de ce moment-là. J’étais devenu un professionnel en devenir.

Finalement, mon aventure au RSMA de Mayotte aura duré quatre ans. Grâce à la cellule insertion, j’ai eu beaucoup d’opportunités pour poursuivre ma carrière dans les métiers de la restauration et de l’hôtellerie. En 2010, j’ai eu à la sortie pas moins de trois propositions. J’ai opté pour le poste de chef magasinier au lycée hôtelier de Kaweni. Aujourd’hui, je travaille en tant que chef de cuisine au lycée agricole de Coconi et j’ai ouvert en parallèle mon propre restaurant. La vie est belle pour moi. Côté militaire, je ne suis certes pas devenu un soldat professionnel mais je suis devenu réserviste au RSMA pour continuer à servir Mayotte.