Dispositif militaire d‘insertion socioprofessionnelle pour les jeunes des Outre-mer éloignés de l‘emploi

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Nous continuons nos portraits « Ils ont fait et ils font le SMA » depuis le régiment de La Réunion avec le caporal-chef Anne-Laurie, Engagé Volontaire du Service Militaire Adapté.

Le caporal-chef Anne-Laurie est une jeune femme de 27 ans. Elle travaille au RSMA depuis 2013. Elle est engagée volontaire du service militaire adapté (EVSMA) dans la filière « Garçon et Serveur en Restauration » au quartier Ailleret de Saint-Denis. Elle nous raconte son parcours et son expérience au RSMA.

 

Comment es-tu arrivée au RSMA-R ?

« C’est très simple, au cours d’un tour de l’île en famille, nous sommes passés devant un panneau « portes ouvertes » du RSMA de Saint-Denis. Mon père, qui a fait son service militaire, nous a encouragés à aller y faire un tour pour découvrir cet univers. Au cours de la visite, nous avons parlé avec le chef de section des Garçons et Serveurs en Restauration. Comme je venais de finir mon BAC PRO Hôtellerie, il m’a signalé que je n’avais pas le profil recherché pour devenir stagiaire, en raison de mon diplôme.

Il m’a donc proposé de candidater pour être volontaire technicien et travailler pour le RSMA dans l’accompagnement des jeunes.

C’était l’opportunité rêvée pour acquérir de l’expérience professionnelle et découvrir mieux encore cet environnement de travail si unique.

J’ai envoyé ma candidature qui a été très vite acceptée. J’ai commencé à travailler à Saint-Denis, au quartier Ailleret, dès le mois de janvier 2013.  Très rapidement, j’ai pris en grade pour la rigueur de mon travail et mes résultats dans l’insertion des stagiaires.

Pour finir, en 2016, je suis devenue EVSMA. »

 

Qu’est-ce qu’un Engagé Volontaire du Service Militaire Adapté (EVSMA) ? Quel est son rôle ?

« Un EVSMA encadre 10 à 15 stagiaires. Lorsqu’ils arrivent au RSMA, on apprend à les connaître au cours d’entretiens individuels. Notre but est bien entendu de les former, de leur transmettre notre savoir et les compétences requises, mais aussi de leur faire part de nos expériences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, pour les préparer au monde du travail.

Je dis toujours aux stagiaires « Quand on veut, on peut ! », c’est ma phrase favorite.

Je suis la référente mixité du quartier Ailleret à Saint-Denis. J’ai aussi une grande part d’accompagnement personnel à jouer avec les stagiaires. Ce rôle consiste à informer et faire de la prévention sur le harcèlement, les rapports sexuels, les infections sexuellement transmissibles...

J’accompagne le plus souvent les filles pour les aider à trouver des solutions à leurs inquiétudes ou leurs problèmes.

De plus, le RSMA m’a permis de devenir formatrice Sauveteur Secouriste du Travail (SST) et formatrice Prévention des Risques liés à l’Activité Physique (PRAP). Je peux donc transmettre ce savoir à mes stagiaires. »

 

Qu’est-ce que t’a apporté le rôle d’EVSMA personnellement et professionnellement ?

« Personnellement, j’ai réussi à combattre ma timidité grâce au RSMA. À force de me retrouver devant de nombreux stagiaires, de devoir m’adresser à des personnalités importantes lors des prestations organisées avec nos jeunes, j’ai appris à m’exprimer et à avoir de la prestance durant ces échanges. La timidité était un gros handicap dans ma vie quotidienne.

Cette expérience m’a aussi apporté de la satisfaction quant à la réussite de nos volontaires et la reconnaissance de ceux-ci a été très valorisante.

Parfois, la reconnaissance de certains stagiaires est telle, qu’ils finissent par m’appeler « Maman ». Ils reviennent aussi me voir pour m’apporter des petits cadeaux et me remercier. On construit une vraie relation avec eux. On ne se contente pas simplement de leur transmettre le savoir, on les accompagne vraiment dans la vie.

Mais en plus de m’avoir fait vivre une expérience personnelle très enrichissante, le poste d’EVSMA m’a permis de travailler dans des lieux atypiques : sur un bateau, chez le préfet…et de découvrir d’autres corps de métiers lors d’évènements.

Toutes ces expériences professionnelles m’ont faite mûrir, m’ont aidé à croire en mes futurs projets. »

 

Un dernier mot ?

« Pour moi, le RSMA est une très bonne porte de secours pour les jeunes en difficultés. On peut leur offrir apprentissage et espoir. Pour les EVSMA, c’est un moyen d’apporter le sourire à ces jeunes qui en ont vraiment besoin. Rentrer au RSMA, c’est faire partie d’une nouvelle famille. »

 

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